Drôle d’impression que nous laisse ce Real Faces , un premier long-métrage venu d’outre-Quiévrain, dont on sort plutôt circonspect… tout en se disant que sa réalisatrice en avait encore sous la pédale. De fait, la cinéaste Leni Huyghe ne manque pas d’ambition, et décide de se frotter, sans se démonter, à plusieurs Grands Sujets en parallèle : la froide inhospitalité de nos grandes métropoles qui étrécit tant de nos rapports sociaux ; les phénomènes de domination voire de prédation existant dans le monde du travail, celui de la culture en tête ; et même, pourquoi pas, cette chimérique quête que l’on mène pour se découvrir soi-même, quand ce n’est pas l’Autre dans toute sa complexité… Tant d’ambition est louable, seulement voilà : celle-ci trouve vite ses limites quand vient à manquer ce qui ferait léviter, sinon décoller, le film. Le souffle, si l’on veut – sauf qu’ici ledit souffle est un peu court, et l’on sent Real Faces panteler pour aller jusqu’au bout ...