Mortal Kombat II, ni oui ni gnons
Sorti entre deux portes dans l’immédiat post-Covid, le précédent Mortal Kombat était un blockbuster sans grande saveur, aux enjeux routiniers (sauver la Terre, ou quelque chose de cet ordre) derrière lequel on devinait parfois les spécificités d’un jeu vidéo culte depuis les années 1990. Une barre assez basse à relever, que ce second opus relève de fait, sans là encore qu’on puisse crier à la totale réussite. Partant de là, il y a deux façons de voir Mortal Kombat II : le verre à moitié vide et le verre à moitié plein.
Verre à moitié vide : l’ex-pubard devenu cinéaste Simon McQuoid a toujours de gros progrès à faire lorsqu’il s’agit de donner vie à des univers dignes de ce nom, comme en témoignent les décors piqués à Game of Thrones ou Mad Max dans lesquels il fait crapahuter ses personnages. Des protagonistes joués par des acteurs et actrices globalement monolithiques, qui font néanmoins ce qu’ils peuvent avec des répliques en bois et un scénario qui ne sait pas trop quoi leur faire faire. En cours de route, le héros du précédent opus trépasse – sans qu’on sache bien pour quelle raison ni qu’on verse la moindre larme, faute de savoir ce qu’il faisait là en premier lieu.
Verre à moitié plein : Mortal Kombat II a la bonne idée de propulser comme héros Johnny Cage, gloire délavée du cinéma hollywoodien des 80s qu’on croirait échappée de chez John Carpenter – à mi-chemin entre Kurt Russell et Roddy Piper – et à qui le film offrira logiquement sa rédemption. Cage est interprété par Karl Urban, héraut de ce genre de grosses machines bourrines et rigolotes depuis la série The Boys, qui suinte la coolitude rétro et ironique. Réussi aussi : les scènes de baston, évidemment, affrontements sommaires et (vidéo)ludiques, au cours desquels le film trouve enfin sa raison d’être.
Plus lisible, plus drôle, globalement mieux ficelé que son prédécesseur, Mortal Kombat II n’est jamais aussi appréciable que lorsqu’il assume son statut de relique de vidéoclub débarquant trois décennies trop tard (« Ce que le public veut voir aujourd’hui, c’est du réaliste, du terre-à-terre, c’est Keanu Reeves trucidant cent types avec un stylo. » entend-on au détour d’une réplique). Il ne convaincra en aucun cas celles et ceux que le genre rebute mais ceux qui apprécient ce type de plaisirs régressifs en auront pour un peu plus que leur argent. Dût-elle continuer sur cette pente ascendante, la saga pourrait même prétendre à son septième ou huitième volet à une certaine excellence artisanale.
Mortal Kombat II, Simon McQuoid, 2026. Avec : Karl Urban, Adeline Rudolph, Tadanobu Asano, Jessica McNamee, Mehcad Brooks