Wedding Nightmare : Deuxième partie, les enfers reprennent
Le premier Wedding Nightmare n’était pas ce qu’on appellerait un grand film mais fonctionnait avant tout en tant qu’efficace midnight movie, armé d’un pitch simplissime (une partie mortelle de cache-cache chez des rupins déviants, à mi-chemin entre Get Out et A couteaux tirés), doublé d’un sous-texte qui n’avance pas masqué (en gros : les riches sont des parasites littéralement démoniaques dont il faut se charger avant qu’eux se chargent de vous). Un succès-surprise devenue une carte de visite suffisamment marquante pour propulser ses auteurs Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett – crédités sous le pseudonyme commun de Radio Silence – des soubassements de la série B fauchée jusqu’au Mont Olympe hollywoodien, où ils ont pu ramener à la vie des franchises moribondes (Scream, Frankenstein et bientôt La Momie). Et donner à leur hit une suite qu’on n’attendait pas de pied ferme mais dont l’existence semblait inévitable.
Séquelle qui suit le modus operandi éhonté énoncé par le grand John McClane il y a déjà plus de trois décennies dans 58 minutes pour vivre, matrice de toutes les mauvaises suites hollywoodiennes : « J’arrive pas à y croire. Un autre sous-sol, un autre ascenseur. Comment la même chose peut-elle arriver deux fois au même type ? » Comment, en effet, justifier qu’arrivent une deuxième fois les mêmes péripéties aux mêmes personnages après un film conçu pour être autonome ? Tentative de réponse esquissée par Radio Silence : en faisant la même chose que tout le monde.
Radio Bla-bla
De fait, l’extension du domaine de la baston qu’entreprend la néo-saga Wedding Nightmare ressemble à s’y méprendre aux « lores » déjà explorés par tant de franchises hollywoodiennes – Insaisissables ou John Wick, pour ne citer qu’elles. Désormais, l'affrontement binaire façon Chasse du Comte Zaroff du premier volet ne suffit plus ; ici, on apprend que six familles richissimes et décadentes vont jusqu’à commettre des rituels sataniques afin d’obtenir le « Haut Siège » d’un Conseil semble-t-il responsable de tous les malheurs du monde – et même de l’assassinat de JFK ! –, dans lequel la pauvre Grace, immarcescible héroïne du premier volet, a mis le pied – le droit, celui qui porte malheur. (Question annexe : peut-on encore taxer de fantasme hollywoodien cet énième complot globaliste alors qu'on vit maintenant dans une ère post-Jeffrey Epstein ?)
Le hic c'est que, en se concentrant sur la cartographie de cet univers, péniblement explicité à coups de longues tirades verbeuses, cette séquelle se prend bien trop au sérieux et laisse derrière elle ce qui faisait le charme forain du premier opus, jeu de massacre quelque part entre le train fantôme et le labyrinthe des miroirs. Fin de partie, alors ? Loin de là, subodorera-t-on : le succès modeste mais suffisant rencontré par ce second volet et le fantasme aisément partageable sur lequel il repose (quoi de plus jouissif, pour le spectateur lambda, de voir dessouder des riches ?) nous incitent à penser que Grace n’a pas tout à fait fini d’en découdre avec le Malin et ses innombrables suppôts. Après tout, comme aurait dit Lomepal : « t’aimes pas trop le 666, mais le 666 t’aime... »
Wedding Nightmare : Deuxième partie (Ready or Not 2 : Here I Come), Matt Bettinelli-Olpin & Tyler Gillett, 2026. Avec : Samara Weaving, Kathryn Newton, Sarah Michelle Gellar, Shawn Hatosy, Elijah Wood.
